Pourquoi cette psychologue clinicienne contribue à élargir l'accès au soutien en santé mentale en Ontario | La Boussole clinique

Chaque année, plus d'un million de personnes en Ontario vivent avec des troubles de santé mentale et de dépendance. Et selon l'Association canadienne pour la santé mentale, la prévalence des troubles de l'humeur et des troubles anxieux en Ontario est de 10,9 %.

Cependant, les longs délais d'attente et la disponibilité inégale des services de santé mentale, particulièrement à l'extérieur des grands centres urbains, peuvent rendre difficile l'accès au soutien au moment opportun.

Santé Ontario supervise le Programme de psychothérapie structurée de l'Ontario (PSO), qui offre une thérapie cognitivo-comportementale gratuite, financée par des fonds publics, ainsi que des services destinés aux adultes en Ontario vivant avec la dépression, l'anxiété et des défis liés au stress et à l'adaptation. Toutefois, la mise en œuvre d'un programme à l'échelle provinciale nécessite une expertise clinique intégrée aux décisions du système.

C'est là qu'interviennent les responsables des soins cliniques.

Intégrer l'expérience clinique aux décisions du système

Au sein de Santé Ontario, les responsables des soins cliniques sont des cliniciens en exercice qui apportent un contexte clinique réel à la conception des programmes et à la planification du système. Leur participation contribue à garantir que les initiatives provinciales reflètent les besoins des cliniciens et des personnes qu'ils servent.

L'une de ces responsables est la Dre Karen Rowa, responsable provinciale des soins cliniques du programme PSO. En plus de son rôle à Santé Ontario, elle est psychologue clinicienne dans une clinique spécialisée en anxiété à St. Joseph's Healthcare Hamilton et professeure de psychiatrie à l'Université McMaster.

Pour la Dre Rowa, la décision de devenir responsable des soins cliniques découle de son expérience directe de l'impact du PSO sur les patients et de sa volonté de contribuer à améliorer l'accès à la psychothérapie à l'échelle de la province.

« L'un des centres du programme est situé à St. Joseph's Healthcare Hamilton, et j'ai pu constater l'impact du programme chez les adultes », explique-t-elle. « J'admirais vraiment ce que le programme accomplissait, et j'y ai vu une occasion de redonner à l'échelle provinciale et de contribuer à façonner ce travail. »

Les perspectives cliniques au service des besoins des patients

Les responsables des soins cliniques sont particulièrement bien placés pour éclairer la conception des programmes et la planification du système. Parce qu'ils continuent de pratiquer, ils restent en lien avec l'expérience des patients lorsqu'ils tentent d'accéder aux soins. Parallèlement, leur rôle à l'échelle du système leur permet de traduire ces expériences en décisions concernant l'évolution des programmes.

« Il est extrêmement précieux d'intégrer la perspective d'un clinicien dans les travaux à l'échelle du système. Il est tout aussi important de ne pas perdre de vue que, dans tout ce que nous faisons, la personne doit rester au centre des soins. »
- Dre Karen Rowa
responsable provinciale des soins cliniques du Programme de psychothérapie structurée de l'Ontario

Cette perspective clinique peut orienter les priorités des programmes, notamment lorsque l'expérience de terrain vient influencer les objectifs initiaux. Bien que le PSO ait initialement été conçu pour soutenir les personnes vivant avec la dépression et l'anxiété, l'expérience a montré que les défis liés au stress et à l'adaptation étaient également fréquents chez les personnes cherchant à obtenir des soins.

« Nous avons utilisé ces observations pour élargir notre portée et inclure des services visant la gestion du stress et le développement de stratégies d'adaptation », précise la Dre Rowa.

Ainsi, les responsables des soins cliniques soutiennent non seulement la prestation des programmes, mais aussi la capacité du système à reconnaître et à répondre à l'évolution des besoins des patients.

Cette approche fondée sur l'expertise clinique est particulièrement essentielle lorsque l'objectif est d'assurer un accès équitable.

L'équité dans l'accès au soutien en santé mentale

L'un des principaux axes du leadership clinique de la Dre Rowa consiste à améliorer l'accès au PSO pour les personnes en Ontario qui pourraient en bénéficier, notamment les populations prioritaires qui peuvent faire face à des obstacles supplémentaires aux soins de santé. Pour ce faire, le programme utilise des données afin de mieux comprendre qui vit dans chaque région, qui accède aux services de santé mentale et où subsistent des lacunes. Ces informations permettent d'orienter les activités de sensibilisation et de renforcer les relations avec les communautés sous-représentées.

« L'un des domaines où cela est fondamental est notre travail avec les communautés autochtones », souligne la Dre Rowa. « Nous avons une responsable provinciale des soins cliniques dédiée au soutien des personnes autochtones vivant avec la dépression et l'anxiété, ainsi qu'à l'amélioration de leur accès à des services de santé mentale de qualité. »

Elle ajoute que le programme établit des attentes claires pour les thérapeutes en matière de collaboration avec les partenaires autochtones et de création d'environnements de soins culturellement sûrs pour toutes les personnes ayant recours au PSO.

Ces perspectives aident les cliniciens à mieux comprendre comment offrir des soins respectueux et culturellement adaptés.

La Semaine de la santé mentale et l'avenir du PSO

En regardant vers l'avenir, la Dre Rowa voit des possibilités de renforcer davantage l'accès en réduisant les délais d'attente, en améliorant la sensibilisation au PSO et à ses options de services, et en aidant les personnes à prendre des décisions éclairées quant au niveau de soins qui leur convient.

La Semaine de la santé mentale est un événement annuel, qui se déroule cette année du 4 au 10 mai, et qui est organisée par l'Association canadienne pour la santé mentale. Le thème de cette année, « Rassemblons-nous, Canada », met l'accent sur l'importance des liens et de la réduction de l'isolement, reconnaissant que les relations sociales soutiennent la santé mentale.

Pour la Dre Rowa, ce thème reflète également la manière dont des soins efficaces en santé mentale sont construits. « En réunissant différentes perspectives, comme l'expertise clinique, les perspectives culturelles et les expériences vécues, nous pouvons prendre de meilleures décisions à l'échelle du système [pour les services de santé mentale], au bénéfice d'un plus grand nombre de personnes en Ontario. »

Si vous ou une personne de votre entourage souhaitez en savoir plus sur le PSO, trouvez l'un des 10 réseaux du programme dans une région près de chez vous.

Dernière Mise à Jour: 04 mai 2026